Caterina Murino

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Si la Sardaigne m’était contée…

 

 

Caterina Murano. Photo Francis Poirot.

© Francis Poirot.

 

Elle est belle comme le jour. Et pourtant elle est mieux que ça… Caterina Murino est une « belle personne » comme on dit, une femme de cœur, passionnée, altruiste, généreuse, ardente défenseur de son magnifique pays la Sardaigne, actrice engagée qui soutient la 1ère ONG de santé publique en Afrique (l’AMREF) et porte-parole de la campagne internationale « Stand up for African mothers » qui vise à former 15 000 sages-femmes africaines d’ici à fin 2018 pour lutter contre la mortalité maternelle en Afrique.

Bien sûr, Caterina Murino, c’est aussi la renversante et ravissante James Bond girl, qui se laisse séduire par Daniel Craig dans « Casino Royale ». Créature de rêve d’un mètre soixante-quinze, « bombe » italienne qui explose deux ans auparavant, en 2004, dans « L’Enquête Corse », dans le rôle de Léa Léoni, aux côtés de Christian Clavier et Jean Reno. Depuis, Caterina Murino court le monde et enchaîne les productions françaises (« L’Amour aux trousses » avec Jean Dujardin, « La Proie » avec Albert Dupontel, « C’est quoi cette famille ?! » avec Julie Gayet…) et italiennes (« Ciao Stefano » avec Valerio Mastandrea.)

Caterina Murino, c’est enfin une gemmologue qui vient de créer une superbe ligne de bijoux en puisant son inspiration dans l’histoire de sa terre natale, la Sardaigne. Une amoureuse des pierres précieuses qui se bat pour préserver l’artisanat sarde et l’art de la filigrane. Vous pourrez admirer toutes les pièces de la collection Caterina Murino à la Galerie Benoit Charraudeau (4 rue Bonaparte, 75006 Paris) du 15 au 26 janvier 2017.

Entre deux tournages, elle a trouvé le temps de répondre à nos questions… toutes nos questions ! Rencontre avec une femme émouvante.

 

 

Caterina Murino, qu’est-ce qui vous rend heureuse sur cette terre ? Le chocolat ou collectionner des Schtroumpfs ?!

Les deux ! J’ai une superbe collection de Schtroumpfs depuis ma plus tendre enfance, j’en ai 250 ! Donc, on va dire manger du chocolat en regardant mes Schtroumpfs !

 

Mais peut-être avez-vous d’autres sources de bonheur !

Absolument ! Mes amis, ma famille, ma Sardaigne, mes bijoux…

 

Qu’est-ce qui vous attriste dans ce monde ?

La haine… Ce n’est même pas la haine, disons que c’est surtout l’ignorance qui me rend triste. Plus je voyage à travers le monde, plus je suis convaincue que c’est la diversité qui nous rend magnifiques, qui fait de nous des êtres humains extraordinaires. C’est seulement, en connaissant les différences qui existent entre les cultures, que l’on peut apprécier les autres êtres humains. Nous ne sommes pas uniques, nous ne sommes pas les meilleurs au monde et le fait de méconnaître les autres cultures nous rend aveugles.

 

Etes-vous une femme optimiste ?

Je suis optimiste parce qu’au-delà de toutes ces horreurs que ces « bâtards » nous font vivre actuellement dans le monde entier, ils ne pourront jamais nous faire plier. Notre force est plus lumineuse que leurs ténèbres…

 

Donc vous êtes une insoumise !

Absolument !

Vous êtes une actrice italienne internationale. Vous vous inscrivez dans la lignée des Claudia Cardinale, Sophia Loren, Ornella Mutti, Monica Belluci. Quelle est l’actrice qui vous inspire le plus ?

Je suis fan de Marion Cotillard, de Cate Blanchett, de Rachel Weisz, et bien sûr de Meryl Streep.

Quel est l’acteur français qui vous fait le plus rêver ?

Vincent Cassel.

 

Vous avez tourné dans « L’amour aux trousses » avec Jean Dujardin. Dites-nous quel homme il est ?

Jean Dujardin est un homme très drôle, très pudique…

 

Vous-même semblez être une femme très pudique et romantique puisque vous dîtes dans une interview diffusée sur TV5, qu’il y a de trop de « nudité inutile » dans les films d’amour. Pour vous, l’amour passe au cinéma par la passion, le désir, les yeux ?

Par l’intelligence des personnages aussi !

 

Quel est votre film préféré ?

« La leçon de piano ».

 

Vous avez commencé des études de médecine puis vous vous êtes orientée vers le théâtre et le cinéma. Mais vous êtes restée une femme altruiste et généreuse puisque vous multipliez les voyages humanitaires en faveur de l’Association pour la Médecine et la Recherche en Afrique (AMREF). Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans cet engagement ?

Je n’ai malheureusement jamais commencé mes études de médecine puisque j’ai échoué deux fois au concours pour entrer à l’Université. Alors j’ai débuté une carrière d’actrice. Mais avec l’AMREF, la vie m’a donné une seconde chance. Parce qu’avant tout, l’AMREF, 1ère ONG de santé publique en Afrique, c’est la recherche et la formation médicale. Cette association œuvre sans relâche pour réduire de 25% la mortalité maternelle en Afrique. Ainsi, j’ai pu me consacrer à ce qui me tenait à cœur, la santé publique. Je me suis impliquée dans ce combat humanitaire. Pour essayer de lutter contre cette réalité intolérable : le fait qu’aujourd’hui 180 000 femmes meurent chaque année en Afrique durant leur grossesse ou leur accouchement, laissant plus d’un million d’orphelins. Pourtant 2/3 de ces décès pourraient être évités si plus de sages-femmes étaient formées. En 2006, je suis donc devenue la marraine et la porte-parole de la campagne internationale « Stand Up for African Mothers » qui vise à former 15 000 sages-femmes d’ici à fin 2018 pour lutter contre la mortalité maternelle en Afrique. La sage-femme est un personnage important dans un village africain. Chaque sage-femme peut s’occuper de 500 mamans dans un village. Elle s’occupe aussi des jeunes femmes et du planning familial (pour éviter les grossesses, les maladies etc.). Je me suis rendue plusieurs fois en Afrique pour remercier les bénévoles et les employés africains de l’ONG, visiter les programmes d’accès aux soins, pour consacrer du temps aux enfants, aux mamans et aux personnes vulnérables soignées par l’AMREF Flying Doctors. Depuis son lancement, l’association peut être fière puisque grâce à elle, plus de 8000 sages-femmes ont déjà été formées dans neuf pays d’Afrique subsaharienne. C’est vrai, je n’ai pas eu la chance de devenir médecin mais j’aide les êtres humains, à ma façon. Reste que les médecins sont vraiment les héros de notre temps…

 

Cela signifie-t-il que vous ne vous reconnaissez pas totalement dans ce métier d’actrice ?

Disons que je me suis retrouvée embarquée dans un bateau qui a navigué de lui-même. De temps en temps, je me vois sur ce fleuve dans ce petit bateau. De temps en temps, je rame. Parfois, je déploie une certaine énergie pour l’orienter vers une direction mais le bateau reprend sa propre route, comme s’il se pilotait de lui-même. Disons qu’à chaque fois que je suis à un croisement, je laisse les rames et le bateau reprend sa course. Toute ma vie a été comme ça ! Je crois beaucoup aux signes. Il y a très longtemps quelqu’un m’a dit : « tu ne seras pas médecin mais tu auras beaucoup de gens qui vont t’écouter ». Effectivement, je ne suis pas médecin mais je fais mes speeches pour l’AMREF à l’Unesco…

 

Vous sentez-vous à votre place dans le cinéma ?

Je ne sais pas… En tout cas, j’ai plein de films qui vont sortir l’année prochaine ! Cinq films dont la série « Deep » où j’ai vraiment donné mon corps, mon âme, tout ce qui était possible ! Imaginez, je suis devenue une championne d’apnée. Pour cela, j’ai dû plonger, m’entraîner. Et j’ai même tenu deux minutes sous l’eau !

 

La série « Deep » c’est un peu « Le Grand bleu » version féminin !

Exactement ! Et cela a été vraiment un rôle magique ! Le meilleur rôle de toute ma carrière !

Caterina Murino dans Casino Royal.

Caterina Murino dans Casino Royale.

 

En 2006, vous avez donné la réplique à Daniel Craig dans « Casino Royale ». Etre une James Bond Girl, est-ce un fantasme pour les gens ?

Pour beaucoup de gens, oui ! Et en même temps, je dois dire que ça n’a été jamais mon fantasme ! Beaucoup de fans sont en adoration devant nous, c’est plutôt agréable mais lorsque cela devient trop excessif, c’est presque embarrassant. Cela dit, c’est une immense chance de pouvoir jouer dans un James Bond, c’est vraiment un beau cadeau que Barbara Broccoli, la productrice, m’a fait. Et je suis encore plus fière parce que je suis le visage du parfum de James Bond, la fragrance féminine estampillée 007 for Women. Je fais partie de la famille de Bond depuis 2006, et avec la campagne parfum ce lien s’est renforcé ! Sinon, pour le reste, ma vie est assez calme, je prends mon métro, mon bus comme tout le monde. Je mène une vie totalement normale !

 

Venons-en maintenant à l’exposition de bijoux qui aura lieu à la Galerie Charraudeau, du 15 au 26 janvier 2017. Vous avez créé une magnifique ligne de bijoux. Vos créations sont inspirées de la Sardaigne, votre terre natale (vous êtes originaire de Cagliari en Sardaigne) dont l’artisanat est réputé comme l’un des meilleurs au monde…

En effet, je dessine le bijou, puis je le donne à un artisan spécialisé dans le travail du corail, qui le réalise. Nous avons en Sardaigne, une façon de pêcher assez particulière et très respectueuse de la nature. Seule une dizaine de personnes peuvent plonger et sont autorisées à plonger durant trois mois. Laps de temps où elles récoltent environ un kilo de corail par jour. Tout ceci est très réglementé. C’est pour cette raison que l’on peut encore se vanter que les fonds sous-marins du Nord-Ouest de la côte Sarde regorgent de corail. Les artisans sardes, surtout ceux de la ville d’Alghero qui est la ville du corail, transforment « l’or rouge » en collier, boucle d’oreille, et pendentif.

La Sardaigne est aussi réputée pour son art de la filigrane. Celle-ci consiste à travailler les métaux (or et argent) en double fils très fins, entortillés en spirale. Résultat : on obtient une sorte de dentelle très fine. De l’or torsadé. Cette technique ancienne perdure toujours en Sardaigne. Elle permet aussi de « reproduire fidèlement des bijoux anciens ». Je travaille donc avec un artisan qui habite dans un micro village de Sardaigne. Il réalise des pièces entièrement à la main. Ensuite le sertissage se fait à Paris.

Chaîne corps Akasha de Caterina Murino Jewellery

Chaîne corps Akasha de Caterina Murino Jewellery

 

Donc, tous ces bijoux que vous créez c’est pour valoriser l’artisanat sarde ?

Bien sûr, je désire promouvoir dans le monde entier ce savoir-faire sarde que peu de gens connaissent, mais j’aimerais surtout aider à leur donner du travail. Il y a vingt ans, les artistes sardes spécialisés dans la technique du filigrane, étaient quatre cents. Aujourd’hui, ils sont neuf… J’ai envie de me battre pour que les enfants des enfants de ces orfèvres sardes puissent continuer à travailler ces techniques anciennes et puissent transmettre de génération en génération l’art de la filigrane. C’est un incroyable savoir-faire depuis les phéniciens qui est en train de se perdre… Et cela fait mal au cœur…

 

Ces bijoux en filigrane, c’est le fil d’Ariane qui vous relie à votre famille, à vos ancêtres ?

Exactement ! Car la Sardaigne est connue principalement pour la beauté de ses plages et de sa mer. Mais il y aussi la beauté de sa terre. On a cette terre magique, une terre qui est extrêmement ancienne. Avec ces Nuraghi qui sont des constructions en pierres typiques qui n’existent que chez nous. On a tellement de traditions magiques dont je voudrais raconter les envoûtements… J’utilise le mot « magie » parce que c’est une terre qui dégage une magie incroyable. J’ai écrit pas mal de petits poèmes à propos de notre terre. Il y a un texte qu’une journaliste française m’a traduit (*cf texte de Caterina Murino en italien et en français). J’y parle des phéniciens, des étrusques qui nous ont envahis. De l’histoire d’Eléonore d’Arborée, la grande et unique reine de la Sardaigne, qui parmi tous les rois d’Italie, a essayé de chasser les Aragonais de chez nous. En 1392, c’est elle qui mettra en place le premier code civil européen, avec la Carta de logu. Bref, il y a tant et tant d’histoires à propos de la Sardaigne que les gens ne connaissent pas et que j’aimerais tant qu’ils découvrent…

 

Vous êtes une merveilleuse ambassadrice de la Sardaigne…

Tout ce que je fais c’est par passion. La Sardaigne, c’est ma passion. Pour les Sardes, je suis leur ambassadrice depuis toujours, je suis leur unique drapeau dans le monde. Mais je voudrais aller plus loin encore…

 

Collection Mirte, Caterina Murino.

Collection La Mirte, Caterina Murino.

 

Vous avez donné le jour à une collection « La Mirte », qui est le symbole de la Sardaigne…

Oui, ce sont des boucles d’oreille, des bagues saphir, de la tsavorite, c’est une pierre vert tendre ou vert bouteille qui vient du parc de Tsavo, en Afrique, (pierre assez rare, quasiment dépourvue d’inclusions). Je vous ai parlé de ma passion pour le saphir étoilé qu’on trouve au Sri Lanka. Le saphir étoilé est plus clair qu’un saphir normal, d’un bleu pastel légèrement grisé, il est très inclusionné. Les inclusions forment une étoile. Sarde, dans notre ancienne langue, cela veut dire « les danseurs des étoiles ». Et j’ai fait mon étoile dansante comme les danseurs des étoiles. Et donc la petite étoile danse lorsqu’on braque une lumière dessus. J’ai mis des diamants à la fin des branches pour que la lumière des étoiles puisse resplendir encore plus…

 

En somme, une composition céleste…

C’est pour moi, le symbole de la Sardaigne. Une étoile qui danse…

 

Caterina Murino 2

Il y a aussi dans cette exposition, une ligne de bijoux splendide, Peonia, avec des colliers ras du cou, des bracelets manchettes en jade lavande, aux couleurs nacrées, irisées. Des bijoux empreints de poésie et de délicatesse… Comme votre âme ?

Disons que je suis la reine des contrastes ! Je suis très délicate, très romantique, et en même temps très forte et lucide. Quand le romantisme devient excessif, j’ai tendance à vouloir rompre, parce que tout ce qui est « trop » mon corps ne le supporte pas. Je n’aime pas les excès.

 

Et pourtant vous êtes italienne ! Le tempérament italien n’est pas forcément porté sur la tempérance !

Oui, mais je suis sarde ! Et c’est un peu différent. Nous sommes beaucoup plus fermés, austères, moins loquaces que le reste de l’Italie. En Sardaigne, nous avons le matriarcat. La femme pour nous, c’est le pilier de la famille. Elle est extrêmement forte, difficile à plier.

 

Enfin, vous avez imaginé la collection « Fili di vento », fil du vent, des bijoux uniques en soutien à la campagne « Stand up for African Mothers », un cadeau solidaire pour soutenir les mamans et les bébés d’Afrique en aidant à la formation des sages-femmes en Afrique. Ces bagues en filigrane sarde en or blanc ou jaune sont vendues 310 euros. Pour chaque bague vendue, 25 euros seront reversés à l’association AMREF…

J’espère au moins que toutes les petites bagues « Fili di vento » partiront vite !

 

Caterina Murino, pensez-vous comme Marylin Monroe que les diamants sont « les meilleurs amis de la femme » ?

Oui ! Parce que les diamants sont éternels ! Un sac, une paire de chaussures c’est magnifique mais il arrive un temps où ils deviennent un peu démodés alors que les bijoux ont un côté vintage, on les porte toujours. Chaque bijou nous raconte une histoire. Je suis une grande collectionneuse de pierres. A chacun de mes voyages, je rapporte une pièce, laquelle raconte un moment particulier de ma vie. Pourquoi ai-je étudié la gemmologie ? Parce que nous les femmes sommes fascinées par les pierres. Pourquoi éprouvons-nous une attirance aussi forte pour celles-ci ? Quand j’ai commencé à étudier la gemmologie à l’Institut national de gemmologie à Paris, j’ai découvert la force intérieure d’une pierre. Dans l’histoire des Tsars, des Maharadjahs, des rois, certains sont allés jusqu’à entreprendre des guerres pour s’approprier un trésor, une pierre précieuse, un diamant. Les célèbres Koh-I-Noor, Hope, Régent, L’Orloff firent parfois l’objet de conquêtes sanglantes. Pourquoi ? Parce qu’à l’intérieur de cette pierre qui vient des entrailles de la terre (la formation de la plupart des diamants date de plus d’un milliard d’années), il y a une force, une énergie chimique incroyable. Au-delà de la formation naturelle de la pierre, combien de mains humaines vont intervenir avant qu’une femme puisse arborer un joyau autour de son cou ? Une infinité ! Il y a l’extraction du diamant puis la fabrication de la bague ou du collier qui passe par le dessin, le poinçonnage, le polissage, le sertissage etc. Donc, tout cela confère tellement d’énergie et de force au bijou. Ce n’est pas seulement un objet que l’on pose sur la peau parce qu’il est beau, c’est une pierre précieuse qui raconte une histoire. C’est une force de la nature et une force humaine.

 

Donc, lorsque vous passez Place Vendôme, vous vous arrêtez à chaque fois devant les vitrines des joailliers !

A chaque fois !

 

Vous souvenez-vous du premier bijou que l’on vous a offert ? C’était à quelle occasion ?

Le premier, je ne me souviens pas… Mais le second, c’était un bracelet avec des petits cœurs en or blanc. Mes parents et mon frère m’ont fait cadeau de ce bracelet pour que je puisse l’avoir toujours avec moi. Pour que je le porte et que je pense à eux chaque fois que je m’éloignais de la Sardaigne. C’était il y a vingt ans…

 

Aimez-vous qu’un homme vous offre des bijoux ? Est-ce pour vous un gage d’amour ?

Bien sûr ! Parce que c’est une façon de me donner une partie de son cœur…

 

Un collier, parure ou armure ?

Jamais une armure. Un bijou c’est fait pour exalter la beauté de la femme, sublimer sa peau, c’est toujours une parure.

 

Vos bijoux valorisent-ils la féminité ?

En créant les bijoux de l’oreille, le ras du cou ou la chaîne du corps, je pense aux femmes. Je suis une femme et donc j’aime les bijoux qui ne se réduisent pas seulement à un assemblage de pierres et d’or, mais qui racontent une partie du corps de la femme. C’est pour ça que je les fabrique, je les porte, je leur donne une âme et beaucoup de positivité, du moins j’espère. Certains grands créateurs masculins créent de véritables œuvres d’art mais qui se révèlent pour les femmes parfois difficiles à porter.

 

Vous êtes belle, vivante. Il y a du feu en vous. Vous êtes une femme de cœur et vous inspirez l’amour. Avez-vous besoin, comme Elisabeth Taylor, d’être couverte de pierres précieuses ?

Oui ! Parce que j’ai besoin que la nature me donne son énergie !

 

Que symbolise, pour vous, le diamant ?

Un fragment d’éternité.

 

Quel sera votre prochain film ?

J’en ai cinq qui vont sortir ! « Voice from the stone » d’Eric D. Howell, un film américain avec Emilia Clarke. « Et mon cœur transparent » de David et Raphael Vital-Durand avec Julien Boisselier. Deux films italiens, l’un avec trois grands acteurs italiens de 81, 83 et 86 ans, « Chi salverà le Rose ». L’autre, « Il Manoscritto trovato a Saragozza di Potocki », lequel se passe dans un magnifique château en Italie. Et enfin « Deep » de Jean-François Julien où je suis devenue une championne d’apnée.

 

Ma dernière question : vous avez joué dans le film « La Proie ». Avez-vous le numéro de téléphone d’Albert Dupontel ?!

Absolument oui ! Mais je ne le donne pas ! Albert c’est un personnage extraordinaire avec un grand cœur !

 

Caterina Murino. Photo Francis Poirot.

© Francis Poirot.

* Caterina Murino : Ma déclaration d’amour à ma Sardaigne :

 

Terra di Sardegna

 

S’ard, nella nostra Antica lingua,significa « Danzatori delle stelle »….
E’ un’immagine curiosa di noi Sardi cosi’ chiusi cosi’ austeri cosi’ severi, ma nel cuore segreto della nostra stessa natura siamo nati  » danzatori » …. Su una Terra magica.
Come possono le parole descrivere l’orgoglio che si prova ad essere nati in una Terra come la Sardegna.
La sua bellezza non e’ data dalla limpidezza delle sue acque smeraldine, non e’ data da quelle rocce bianche che cadono a strapiombo sul mare, non e’ data dalla sua « macchia » di un verde intenso selvaggio e rigoglioso, non e’ data da quel profumo di mirto, di ginestre e di cisto,non e’ data da quel tepore meraviglioso che avvolge I dodici mesi dell’anno, non e’ data dal suo maestrale che batte le sue coste o 1 o 3 o 5 giorni consecutivi , non e’ data da quel cielo azzurro con la sua luce irradiata direttamente da Dio; cio’ che piu’ affascina e fa innamorare e’ la sua magia, la sua forza, il suo carattere che traspira dalla sua terra.
La sua storia, dai danzatori delle stelle- liberi su una terra libera- ai Fenici,ai Punici per passare agli Aragonesi combattuti e scacciati dalla nostra grande Eleonora d’ Arborea, unica Regina tra I tanti Re d’ Italia.
La sua magia, le sue tradizioni popolari, le sue feste, le sue musiche, I suoi balli, I suoi canti, I suoi gioielli, la sua arte culinaria, la sua lingua.
E’ l’ Isola felice di un popolo fiero, chiuso, schivo, ascoltatore non parlatore, che conosce e riconosce la purezza dello spirito altrui con la diffidenza dei primi istanti e con la consegna delle chiavi del proprio cuore per la vita.
E’ la Terra dell’onesta’, e’ la Terra del rispetto di noi stessi, di cio’ che ci appartiene e di cio’ che non ci appartiene.
Un popolo che sa riconoscere la fortuna che gli e’ toccata alla nascita e cresce nel rispetto di Essa.
Un popolo di sognatori con le radici ben piantate accanto alle sue querce e I suoi ulivi.
E’ la Terra dei miei avi.
E’ la Terra che mi ha regalato I natali.
E’ la Terra che mi porto nelle viscere.
E’ la Terra che mi fa versar lacrime al solo suono del suo nome.
E’ la Terra di Sardegna.

 

Terre de Sardaigne 

 

S’ard, dans notre langue ancienne, signifie les  » Danseurs des étoiles « ..
C’est une image bien étrange de nous, les Sardes, peuple si fermé , si austère , si sévère mais dans le secret de notre nature profonde, nous sommes nés « danseurs »……sur une Terre magique. Comment peut-on évoquer par des mots, l’orgueil que l’on éprouve à être né sur une Terre comme la Sardaigne.
Sa beauté ne vient pas de la transparence de ses eaux cristallines, ni de ses aplombs blancs qui tombent à pic dans la mer, ni de ses maquis d’un vert intense sauvage et aride, ni du parfum de myrte de genévrier et de ciste, ni de la tiédeur merveilleuse qui enveloppe les douze mois de l’année, ni de son mistral qui bat les côtes un jour ou trois ou cinq conséquemment, ni de ce ciel azur dont la lumière irradie directement de Dieu…. en fait on est fasciné et on tombe sous le charme de sa magie, de sa force et de son caractère qui transpirent de cette Terre.
Son histoire : elle trouve son origine des danseurs des étoiles – libres sur une terre libre- aux Phéniciens ,aux Puniques en passant par les Aragonais combattus et chassés par notre grande reine Eleonora d’Arborea, seule reine parmi tant des rois d’Italie.
Sa magie, ses traditions populaires, ses fêtes, ses musiques, ses danses , ses chants ,ses bijoux, son art culinaire, sa propre langue .
C’est l’île heureuse d’un peuple fier, fermé, timide, qui écoute et se tait, qui connaît et reconnaît la pureté de l’esprit d’autrui, avec la réserve des premiers instants et progressivement cette ouverture du cœur.
C’est la terre de l’honnêteté, du respect de soi, de ce qui nous appartient et de ce qui ne nous appartient pas.
Un peuple qui sait reconnaître la chance qui l’a eue dès la naissance et qui grandit en la respectant.
Un peuple de rêveurs mais dont les racines sont bien ancrées, proches de ses magnifiques chênes liège et de ses oliviers.
C’est la Terre de mes aïeux
C’est la Terre qui m’a offert des Noëls
C’est la Terre qui je porte dans mes entrailles
C’est la Terre qui me fait pleurer simplement en entendant le son de son nom
C’est la Terre de Sardaigne
Caterina Murino

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