• Hommage à Jean-François Marquet

    Philosophie

     

    Jean-François Marquet
     

    Jean-François Marquet, in memoriam

     

    La voix singulière de Jean-François Marquet s’est tue, mettant fin pour moi à soixante années d’une amitié sans nuages et de dialogue philosophique. Ce dialogue avait pris naissance pendant les années passées dans ce lieu que Jules Ferry appelait « un doux couvent laïque », à savoir l’ENS de Saint-Cloud. Puis il s’est poursuivi sans interruption tout au long de notre enseignement, au Lycée d’abord, puis à l’Université. Nous avions suivi les leçons des mêmes maîtres; nos préférences nous portaient vers l’Histoire de la Philosophie. Très tôt, Jean-François Marquet s’est spécialisé dans l’étude de l’idéalisme allemand; son Diplôme d’Etudes Supérieures déjà portait sur la philosophie de Hegel, et ce n’est qu’après l’Agrégation qu’il s’est résolument consacré à l’étude de la philosophie de Schelling, dont il deviendra le grand spécialiste en France après la soutenance de sa magistrale Thèse de Doctorat d’Etat, Liberté et existence. Essai sur la formation de la philosophie de Schelling.… Continuer la lecture

  • Bernard Sichère

    Philosophie

    « Ce que je dois aux Grecs ? Tout, ou presque. »

     

    bernard-sichere

     

    D’abord, il y a un coup de foudre. La rencontre avec un roman, un roman inoubliable qui trente ans après sa lecture vous laisse encore en mémoire une impression extraordinaire : une hémorragie de lumière et de fêtes, un paroxysme de plaisirs dans la Venise du XVIIIème siècle fastueuse et fatale, une fête de l’esprit et du corps, une hauteur qui confine au vertige, un miracle de beauté, de lyrisme, de ferveur qui irrigue l’âme et la prose de « Je, William Beckford ».

    Ensuite, on découvre que derrière ce fabuleux romancier qu’est Bernard Sichère (auteur de fictions comme « La gloire du traître », « Splendeur de Fawzi » ; d’un récit autobiographique « Ce grand soleil qui ne meurt pas ») se tient un philosophe. Professeur à l’Université de Caen, puis à Paris VII, auteur d’une vingtaine d’essais, Bernard Sichère est un lecteur exceptionnel de la philosophie grecque et en particulier d’Aristote.… Continuer la lecture

  • Philippe Grosos

    Philosophie

    L’artiste et le philosophe

     

    Philippe Grosos

    Philippe Grosos

     

    Connu pour ses travaux sur Péguy, sur la patience, sur l’art et sur la musique, Philippe Grosos est un phénoménologue. Il récuse les étiquettes et n’hésite pas à s’aventurer du côté de l’art qu’il pense en rapport avec l’existence, en s’attachant à approfondir le sens du concept d’esthétique. Il nous livre cette année un essai passionnant « L’artiste et le philosophe » où il s’applique à démontrer que certaines œuvres d’art et certaines œuvres philosophiques tissent de profondes correspondances grâce à une commune intuition de leurs créateurs, comme par exemple Pascal et le peintre de La Tour, Thomas d’Aquin et Fra Angelico, Schelling et Liszt, Diderot et Fragonard. Enfin Philippe Grosos ne résiste pas à la tentation d’analyser les correspondances esthétiques entre le sculpteur Giacometti et le phénoménologue Maldiney, auquel il voue une grande admiration et dont il œuvre à faire connaître et diffuser la pensée depuis plusieurs années.… Continuer la lecture

  • Yves Michaud

    Philosophie

    Le nouvel hédonisme industriel

     

    Yves Michaud

    Yves Michaud

     

     

    Connu pour ses travaux sur l’esthétique, fondateur de l’Université de tous les savoirs, le philosophe Yves Michaud est un détecteur de tendances. Dans son essai « Ibiza mon amour », il se livre à une enquête sociologique sur le tourisme de masse (tourisme représentant la première industrie du monde avec un milliard de déplacements par an) dont la nouvelle tendance est la recherche d’intensité des expériences sensuelles. Prenant l’exemple d’Ibiza, devenue l’île des plaisirs, il explore cet hédonisme industriel contemporain où le plaisir est organisé, produit, mesuré et le « bonheur garanti ». Il met en évidence la relation entre plaisir et addiction, la modification des comportements, et ce besoin moderne pour l’homme de prendre congé de lui-même en s’immergeant en continu dans la fête techno, le multisensoriel, la musique « ambiantale » et l’amnésie du plaisir.

     

    Yves Michaud, vous creusez le sillon d’une réflexion originale sur l’industrialisation du plaisir.Continuer la lecture

  • Gilbert Romeyer Dherbey

    Philosophie

    « Revivre »

     

    Marcel Proust

    Marcel Proust

    Philosophe, professeur émérite à la Sorbonne, spécialiste de la pensée hellénique, Gilbert Romeyer Dherbey est sans doute, parmi ses commentateurs, l’un de ceux qui a le mieux compris Marcel Proust. Au lieu de le voir uniquement comme l’auteur d’une grande oeuvre littéraire, il le considère avant tout comme un philosophe très sérieux. Au fil des pages de son essai « La pensée de Marcel Proust », Gilbert Romeyer Dherbey nous fait découvrir un Proust inattendu, original, un Proust penseur. Celui qui construit sa « Recherche » comme une véritable leçon d’idéalisme. Pour éclairer cette métaphysique proustienne, Gilbert Romeyer Dherbey explore les plis et les replis du temps et de l’éternité, ceux de la mémoire involontaire, ceux de l’Inconscient et du souvenir.

    Incontestablement, cet essai fera date. A lire à tout prix pour ceux qui s’intéresse de près ou de loin à Marcel Proust.

     

    Les amoureux de Proust savent que Proust est un grand romancier.

    Continuer la lecture
  • Pierre Carrique

    Philosophie

    « L’aventure onirique philosophique »

     

    Pierre Carrique

     

    Pierre Carrique occupe une place à part dans la philosophie française actuelle. D’abord par la singularité de son objet d’enquête : le rêve, dont il montre magistralement l’importance centrale pour la compréhension des doctrines majeures de la pensée occidentale, de Platon à Heidegger. Mais aussi par sa farouche indépendance à l’égard des institutions et des castes intellectuelles : voilà un philosophe dont le travail, quoique reconnu pour sa qualité scientifique par les meilleurs esprits, n’a jamais servi d’alibi pour une carrière. Fidèle à ce qu’il appelle, dans une référence rimbaldienne, le « sentier de l’honneur », il a toujours fui le détestable esprit des cénacles et des salons où l’on est volontiers reçu dès lors qu’on y apporte le grain d’originalité qui fait si cruellement défaut au vernis des élites. Son seul écart est d’être entré en 2007 au Collège international de philosophie, organisme de recherche transdisciplinaire fondé par Jacques Derrida en 1982.… Continuer la lecture

Back to Top