Caterina Murino

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Caterina Murino : « De voir les autres souffrir me fait souffrir »

 

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Caterina Murino, c’est Vénus et Mère Teresa à la fois. Un grand cœur dans un corps de rêve. Un pur concentré d’amour de l’humanité dans un superbe écrin. Celle qui rêvait d’être médecin pour « sauver les autres » a fait carrière au cinéma. Sur le tapis rouge, la James Bong girl, la bombe explosive de « Casino Royale » qui fait chavirer le cœur des spectateurs, n’en oublie pas pour autant ses premières amours : aider les autres. Servir son prochain. Mettre sa notoriété au service des plus démunis. Elle met aussi son intelligence de la vie, sa bienveillance à faire connaître et promouvoir les artisans joaillers de son beau pays, la Sardaigne, afin de préserver l’art de la filigrane, ce savoir-faire incomparable sarde. Elle est encore, cette femme au cœur d’or qui s’implique dans des combats humanitaires en tant qu’ambassadrice de l’AMREF (qui aide à la formation des sages-femmes en Afrique), qui milite pour aider la Recherche contre le cancer, qui crée de magnifiques bijoux dont les bénéfices serviront à réduire la mortalité maternelle en Afrique. « C’est la Sardaigne qui aide un peu l’Afrique » commente-t-elle joliment. Depuis toujours, la belle sarde cherche à apporter sa contribution en faisant du bien à l’humanité. Comme si elle vivait pour tenter d’endiguer la souffrance humaine, pour atténuer les malheurs du monde. On l’aura compris, Caterina Murino a le cœur pur. Généreux. Transparent. C’est d’ailleurs le titre de son prochain film, qui sortira en salle le 16 mai 2018 « Et mon cœur transparent ». Un superbe thriller, à ne manquer sous aucun prétexte ! Actuellement, Caterina Murino est en tournée théâtrale à Rome et dans le Nord de l’Italie dans une magnifique pièce écrite et mise en scène par Giancarlo Marinelli « L’idea di ucciderti » (« L’idée de te tuer »).

Conversation avec une femme merveilleuse

 

 

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Le 16 mai 2018, sortira au cinéma un sublime thriller psychologique réalisé par David et Raphaël Vital-Durand « Et mon cœur transparent ». Dedans, vous incarnez le rôle d’Irina. C’est l’histoire d’un mari qui découvre la vérité sur son épouse alors qu’elle vient de mourir. Pourquoi Irina est-elle victime d’un accident de voiture au volant d’une voiture inconnue alors qu’il venait lui-même de l’accompagner à l’aéroport ? Il mène l’enquête et découvre la face cachée de son épouse. Dans un couple, peut-on être transparent l’un pour l’autre ?

Dans ma vie, surtout au début d’une relation, je me vois toujours comme un verre d’eau sans bulles ! Une eau transparente… C’est ma façon de vivre. Peut-être ne devrais-je pas le dire, mais c’est plus fort que moi, je suis incapable de dissimuler. Dans mon couple, si je commence à cacher quelque chose, cela signifie que c’est le début de la fin. Je veux protéger ceux qui sont auprès de moi. Même si ce n’est ni très intelligent, ni très mystérieux, ni très sexy, c’est compliqué pour moi de cacher les choses à mon homme. Après, bien sûr, cela dépend comment on mène sa vie. Irina, dans le film, est une femme qui aime profondément son mari. Elle décide le jour de sa mort de changer de vie. Mais c’est trop tard. Alors qu’elle était prête à raconter à son époux sa double vie, une vie très particulière, une vie en trompe-l’œil, malheureusement le pire arrive…

 

Votre rêve, c’est d’être « transparente » dans l’amour…

Exactement. Je me sens en accord avec ce titre magnifique « Et mon cœur transparent » qui fait écho à une phrase de Verlaine (tiré du poème « Mon rêve familier ») « Car elle me comprend, et mon cœur transparent. Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème »). J’ai le « cœur transparent » pour mon conjoint… Du coup, c’est particulièrement amusant et piquant de jouer un rôle de femme insaisissable, double, à facettes, car dans la vie je suis très loin de lui ressembler…

 

Donc, c’est un rôle de composition ?

Absolument. Même si, parfois, je partage la philosophie d’Irina. Son combat, sa lutte, son militantisme. Mais je ne veux pas dévoiler l’histoire, juste dire que ce film incroyable est riche en rebondissements, en revirements de situation.

 

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Pensez-vous que la grâce de l’amour est de rendre le cœur transparent ? Ou l’amour, forcément opaque, masque-t-il la vérité des êtres ?

On doit avoir confiance en l’amour… Si l’on masque quelque chose, cela veut dire que l’on n’a pas confiance dans le pouvoir de l’amour. On a peur que l’être aimé nous cache quelque chose. On a peur que l’être aimé nous juge, donc on cache, on se cache et on ne sera jamais pleinement soi-même. Je me souviens d’un de mes ex qui vivait quelque chose de très douloureux dans sa famille. Le premier jour de notre rencontre, nous avions échangé notre premier baiser. Dès le lendemain, il m’a confié avec émotion : « il faut que je t’avoue quelque chose ». C’était plus fort que lui, il devait me révéler un secret sur sa famille. Lui n’était pas « concerné » personnellement, mais pour lui ce n’était pas possible de commencer une relation sans être transparent l’un à l’autre. J’ai trouvé cet aveu loyal, émouvant. Nous partions sur de belles bases…

 

Dans son excellent roman « Une affaire conjugale », Eliette Abécassis écrit à propos du couple : « Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer ». Ne pensez-vous pas que c’est dans les épreuves qu’on connait réellement les gens ?

Je suis d’accord. Je n’irais pas jusqu’à souhaiter un divorce parce que cela ne sert à rien et que je trouve cela vraiment dommage mais c’est sûrement dans les épreuves que l’on découvre la personne telle quelle est. Au quotidien, on peut se disputer sans comprendre l’autre pour les petites chamailleries ou les petites tracasseries de la vie. A la limite, là, si l’autre n’est pas à la hauteur, ce n’est pas bien grave. Mais lorsqu’il y a une véritable épreuve, des malheurs ou des difficultés à surmonter, là on réalise vraiment si celui avec qui on vit est à la hauteur. S’il assume sa place ou non. Ceux qui assurent royalement face à l’adversité, alors là chapeau ! Ces hommes-là, on sait que l’on peut compter sur eux…

 

Sans compter que dans un couple, on est toujours trois ! Il y aussi l’Inconscient de l’autre…

Oui, car on est le résultat d’une vie. La personne que l’on est aujourd’hui n’est rien d’autre que le fruit de son passé, de son histoire. De l’histoire de ses parents, de celle de ses ancêtres. On reçoit dans certains cas, à la naissance, des bagages « un peu pourris », si je peux me permettre, et il faut malgré tout, construire notre vie. Une autre vie.

 

Vous avez raison, le vrai couple commence lorsque celui-ci édifie sa propre vie, une vie nouvelle, et non quand il reproduit le vécu de ses parents…

Il faut avoir une énorme force de volonté pour construire quelque chose. On peut se dire « ok, je n’ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie au départ, mais je suis capable de changer ce destin qui était déjà un peu marqué et de trouver autre chose pour moi. Maintenant, je fais les choses pour moi, et je vais changer mon destin. Il n’y a pas que les gens magnifiques, dont la vie est toute tracée, qui parviennent à réaliser leurs rêves.

 

C’est beau ce que vous dites. Il n’y a pas de fatalité si on fait montre de suffisamment de volonté…

Absolument. Je pense que chacun de nous, peut, avec énormément de volonté, écrire son destin. Il y a des cas extraordinaires dans l’Histoire, il suffit de s’inspirer d’eux.

 

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Comment êtes-vous entrée dans l’âme, dans la peau d’Irina ? Vous êtes-vous préparée physiquement ? Avez-vous eu un coach pour vous aider ?

Non, pas pour ce rôle. Pour la série « Deep », j’avais eu un coach physique. Je devenais une championne d’apnée, et là, c’était une préparation incroyable. Pendant un mois et demi, six heures d’entrainement tous les jours ! C’était de l’intensif ! Pour « Et mon cœur transparent », bien sûr, j’ai étudié le rôle. J’ai plongé dans ce rôle en m’intéressant à la cause qui tient à cœur à Irina. Ce fut une immersion totale pour tenter de comprendre ses motivations. J’ai aussi essayé de trouver différents angles pour séduire un homme totalement pur, afin qu’il puisse tomber amoureux d’une femme aussi extravagante.

 

Dans tous vos films, vous êtes merveilleusement vivante, vraie, criante de vérité, et émouvante. C’est le propre des grandes actrices. Pensez-vous que les femmes s’identifient à vous ?

J’aimerais bien qu’elles s’identifient à moi ! Surtout pour le combat que porte Irina. C’est tellement convaincant son personnage.

 

Trouvez-vous que les deux réalisateurs, David et Raphaël Vital-Durand, ont su magnifier la femme que vous êtes dans « Et mon cœur transparent » ?

Une fois le film fini, j’ai visionné les rushes. Lorsque j’ai vu « Et mon cœur transparent » en projection, j’ai été étonné. J’avais l’impression de ne pas avoir tourné ce film-là ! Il était totalement différent. C’était une œuvre accomplie, un pur joyau, un vrai bijou éblouissant, parce qu’il y avait un vrai parti pris, une vraie direction de la part des metteurs en scènes. A partir du scénario, ils ont su créer un monde fantastique, extraordinaire. Donc, chapeau aux deux metteurs en scène parce que ce n’était pas évident ! Transformer une histoire non pas anodine certes mais relativement ordinaire au point d’en faire un tel petit bijou extraordinaire, là c’est vraiment unique. Le film est unique. Il y a eu un vrai choix de la part des deux réalisateurs. Ils ont eu des idées géniales !

 

Parlons maintenant de votre cœur à vous… Pour qui bat-il ? J’ai lu quelque part que vous aimiez les hommes prévenants et mâtures. Quel est votre genre d’homme ?

C’est mon homme ! Un homme drôle, séduisant, intelligent ! Quelqu’un sur qui je peux poser ma tête sur son épaule…

 

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Eva Green, Daniel Craig et Caterina Murino dans le film « Casino Royale »

 

Vous êtes très belle et célèbre, comment gérez-vous le désir que vous suscitez ?

Je me vois quotidiennement, donc je ne me reconnais pas dans ce que vous dites… Je ne sais pas… Je ne me préoccupe pas de tout cela…

 

En ce moment, on parle énormément de « l’affaire Weinstein ». Avez-vous été victime d’agression, ennuyée ou harcelée par des hommes de pouvoir ? Par des producteurs ou des réalisateurs ? Par exemple, un chantage au rôle…

Jamais, heureusement. Depuis vingt ans que je fais des films, je n’ai jamais connu ce type d’agression. J’ai même rencontré Harvey Weinstein lorsque j’avais 20 ans. Il est venu dans ma chambre d’hôtel avec une autre personne. Il m’attendait pendant que je me préparais, il n’a pas cherché à m’agresser. On a fini à quatre heures du matin ensemble en mangeant des hamburgers. Je n’ai pas eu de problème avec lui… Dans ma vie, on m’a fait des avances, mais elles ne venaient pas forcément des producteurs, mais des hommes en général. A chaque fois, c’était de la séduction, jamais personne n’a cherché à m’imposer son désir. J’ai travaillé à la télé, j’ai été danseuse à la télé, j’ai travaillé à la télé en tant qu’actrice, j’ai travaillé pour le théâtre, j’ai été mannequin. Une fois, à la télé italienne, j’ai remarqué que le producteur essayait de temps en temps avec les autres actrices. Mais jamais avec moi !

 

Tant mieux, vous êtes chanceuse !

Oui !

 

Vous attachez-vous facilement ?

Très jeune, je m’attachais assez vite. Maintenant, je ne m’attache plus aussi vite ! Au moment d’une rencontre, il y a beaucoup de choses qui se passent dans ma tête ! Mais après, quand c’est parti, c’est parti !

 

Etes-vous romantique ?

Oui, et j’ai trouvé un homme qui est merveilleusement romantique aussi. Alors c’est parfait !

 

En parlant de votre compagnon, le 7 octobre 2017, vous avez inauguré la suite Michèle Morgan du palace cannois « Le Majestic » du groupe Barrière, en présence d’un ami, Edouard Rigaud. Est-ce indiscret de vous demander si vous êtes amoureuse ?!

Très !

 

Alors je repose ma question différemment ! Qu’est-ce qu’il faut faire ou être pour vous rendre amoureuse ?

Dans l‘amour, Il y a des choses que l’on ne peut pas rationnaliser. Quand on rencontre l’âme sœur, il se passe quelque chose d’insaisissable, d’incompréhensible, qui échappe à la raison. C’est le mystère et la grâce de l’amour. C’est une attraction physique contre laquelle on ne peut pas lutter. Le cerveau est en ébullition…

 

Vous aimez les bijoux. Vous avez été le visage de la maison Chaumet, vous avez représenté les marques De Grisogono et Maubussin. Vous-même créez de magnifiques bijoux d’inspiration sarde. Depuis toujours, vous vous battez pour préserver l’artisanat sarde, pour promouvoir l’art de la filigrane (l’or torsadé), ce savoir-faire traditionnel dont les sardes ont le secret. Dans vos superbes collections, vous valorisez aussi le corail sarde, cet or rouge qui fait merveille sur un collier, un pendentif ou des boucles d’oreille. Où peut-on acheter vos sublimes créations ?

On peut les découvrir et les acheter à la Galerie Elsa Vanier, au 7 rue de l’Odéon, 75006 Paris. Les bijoux et toutes les nouvelles collections sont présentés là en permanence.

 

Caterina Murino en Dolce & Gabbana au festival de Venise

Caterina Murino en Dolce & Gabbana au festival de Venise

 

En matière de haute-couture, qui sont vos créateurs préférés ?

C’est indiscutablement Dolce & Gabbana. Depuis très longtemps, ils m’habillent. Je leur reste fidèle. Ce sont des créateurs incroyables. Ils n’ont pas leur pareil pour sublimer la femme. Je suis une véritable addict de Dolce & Gabbana. Toutes les robes que j’arbore pour le festival de Venise sont de Dolce & Gabbana.

 

Quels produits de beauté utilisez-vous pour prendre soin de votre peau ?

J’utilise des produits de beauté qui viennent de la Sardaigne, les produits « Soha », des cosmétiques que l’on peut trouver en parapharmacie. La Sardaigne est connue pour abriter le nombre le plus élevé de centenaires au monde. Quel est le secret de la longévité de ses habitants ? On raconte que c’est grâce au vin Cannonau. C’est un raisin qui a 4% de polyphénols en plus que les autres raisins. Il aiderait à la longévité des hommes et des femmes sardes. « Soha Sardinia » utilisent ces raisins et font des crèmes de beauté à base de ces raisins. Donc, j’utilise ça !

 

Qu’est-ce que la beauté, pour vous ?

C’est un truc très banal ! Bien sûr, c’est un cadeau du ciel. Mais une jolie plante, ça ne sert pas à grand-chose ! Je pense que la beauté vient surtout de l’intérieur. Les jolies plantes, il y en a plein le monde, mais les êtres qui dégagent quelque chose, un peu moins…

 

Et vous, qu’est-ce qui vous rend belle ?

D’arroser la plante intérieure ! Il faut travailler sur l’intériorité et non sur la surface. Sinon, bien sûr, l’amour me rend belle !!

 

Avez-vous un rituel beauté, des produits fétiches que vous emportez partout dans vos déplacements ?

Par le passé, j’avais, pour les yeux, un crayon gris-noir sublime avec des paillettes incorporées de chez Dolce & Gabbana. Je l’adorais mais malheureusement, ils ne le font plus. Lorsque je rencontre un maquilleur de chez Dolce & Gabbana, il m’en donne parfois deux ou trois parce qu’il sait que la gamme est terminée. Ces crayons sont très précieux pour moi ! Mon seul rituel beauté c’est de me démaquiller quotidiennement, avec application, même si je ne me suis pas maquillée le matin, afin d’enlever toutes les impuretés de la journée.

 

Pratiquez-vous un sport pour avoir un corps de rêve comme le vôtre ?

Oui, j’adore courir ! Je fais du jogging avec mes voisins le lundi, le mercredi et le vendredi sur la butte Montmartre, à 7heures et demi du matin.

 

Pratiquez-vous la natation ? J’imagine que oui puisque vous avez tourné dernièrement dans la minisérie « Deep » diffusée sur studio+, une série digitale que l’on peut suivre sur les tablettes et smartphones. Quel souvenir gardez-vous de ce tournage ?

Un souvenir fabuleux ! C’est un film extraordinaire qui raconte quelque chose qui, je pense, n’a jamais été exploité au cinéma, l’amour entre des jumeaux. L’un des frères jumeaux meurt. C’est un champion d’apnée. Donc, le premier épisode, mon frère meurt pendant les championnats du monde et moi, j’ai l’impression de devenir complètement folle. Du coup, je décide de devenir une championne de plongée en apnée. Mais à chaque fois que je plonge, j’ai une surprise au milieu de la mer. C’est un film troublant, avec un immense amour. Qu’est-ce que cela veut dire quand deux jumeaux ont grandi ensemble, et que l’un d’eux meurt ? C’est comme s’il y avait une partie de soi qui n’existait plus… L’héroïne va aller chercher cette partie d’elle-même qui lui manque le plus, en cherchant à travers la plongée, son frère défunt. C’est vraiment un film extraordinaire. Cela a été un magnifique bonheur et une immense douleur aussi de le tourner. Parce que je ne savais pas nager… Donc, j’ai menti, tout au début, quand j’ai rencontré le producteur et le metteur en scène en leur disant que je savais nager. Je voulais tellement ce rôle qu’en un mois, j’ai appris à nager, à plonger, l’apnée, toute la discipline extraordinaire et dangereuse qu’il faut pour faire ce métier. A côté de Pierre Frolla, le champion du monde d’apnée, qui a été mon guide, mon frère. Cela été un voyage extraordinaire…

 

Vous êtes aussi une femme de cœur. Une femme généreuse qui s’épanouit dans le don et l’altruisme. Depuis toujours, vous faites beaucoup pour les autres. Les autres, c’est votre vraie passion. Vous soutenez les malades, les gens défavorisés, les femmes africaines etc… Le 24 février 2017, à Monaco, en partenariat avec la Fondation Princesse Charlène, en tant qu’ambassadrice de l’AMREF (Association pour la Médecine et la Recherche en Afrique), vous avez aidé la princesse Charlène à soulever des fonds pour le projet Kilifi. Etes-vous parvenu à en réunir énormément ?

C’était l’AMREF Monaco en partenariat avec la Fondation de la princesse Charlène, pour aider les enfants africain à apprendre à nager. Sauver des vies en luttant contre les noyades. En Afrique, on recense énormément de noyades parce que les enfants ne savent pas nager. Il faut donc leur enseigner les mesures de prévention et leur apprendre à nager. Oui, à cette soirée, nous avons récolté énormément d’argent.

 

Pierre Frolla, Princesse Charlène de Monaco et Caterina Murino

Pierre Frolla, Princesse Charlène de Monaco et Caterina Murino

 

Comment est la princesse Charlène ?

Elle est adorable, généreuse. C’était vraiment une très jolie rencontre. A cette soirée, j’étais assisse à côté de Pierre Frolla, le recordman du monde de plongée en apnée. Pierre Frolla est devenu l’ambassadeur de la fondation Princesse Charlène. Il se consacre à l’enseignement de sa passion et à l’apprentissage de la natation.

 

En octobre dernier, vous renouvelez l’expérience avec une soirée caritative pour la Fondation Arc, pour la lutte contre le cancer du sein. Cette fois, les deux maîtresses de cérémonie sont Marie Drucker et vous. Ce soir-là, vous interpellez magnifiquement les 130 convives, avec ces mots bouleversants : « Ma mère a eu un cancer du sein, mon père un cancer de la prostate. Dieu merci, ils s’en sont sortis. Je vous demande juste de vous faire un cadeau : faites-vous dépister le plus tôt possible ». Pensez-vous que la lutte contre le cancer est une lutte contre la montre ?

Je redis exactement ce que j’ai dit. Ma première belle-sœur est morte à 40 ans d’un cancer du sein, en laissant un enfant de huit mois, et un de quatre ans. Elle était très jeune, elle n’a pas songé à se faire dépister. Cela a été très douloureux pour moi. Avec ma mère puis mon père, on a revécu la même expérience, mais grâce au dépistage, on a pu arrêter à temps l’évolution de la maladie. Je demande et je n’arrêterais jamais de demander d’aider la Recherche, parce que j’ai vu déjà qu’en très peu de temps la Recherche avait fait des pas de géant. Il faut aider la Recherche pas seulement avec des fonds mais surtout avec des campagnes de dépistage. Il faut absolument se faire dépister. Certaines femmes disent que cela leur fait mal de faire une mammographie, je leur réponds que cet examen douloureux qui dure 40 secondes, peut leur sauver la vie et leur éviter la chimiothérapie, la radiothérapie et les opérations. Il faut être sensé et se faire dépister le plus vite possible. Aidons la Recherche et aidons-nous nous-mêmes ! C’est que j’ai compris à travers toutes ces épreuves que la vie m’a données. Quand j’ai su que ma mère était malade, je me suis dit que je n’allais pas m’en sortir… C’était trop douloureux… C’était tellement insurmontable… Je ne savais pas comment j’allais trouver la force pour lutter contre ça… Et quand j’ai su que ma mère n’avait « que » le cancer du sein, qu’il n’y avait pas de métastases, que les autres organes n’avaient pas été touchés, j’ai commencé à relativiser. Je me suis dit, je pense que je peux y arriver. Je vais faire face et trouver en moi la force, grâce à ma famille, pour affronter tout ça et venir à bout de ce mal. Il faut comprendre que la vie nous donne des épreuves, des croix…

 

Est-ce pour cette raison, qu’aujourd’hui, vous voulez sauver les gens ?

Moi, c’était mon rêve, comme vous le savez, de devenir médecin… Même petite, je voulais déjà sauver les autres ! Mon chéri m’a dit l’autre jour : « Mais arrête, tu ne peux pas sauver tout le monde ! »

 

Mais c’est magnifique ! C’est tellement rare cette générosité !

Cela me détruit réellement de voir les autres malheureux. Je ressens une douleur intérieure très forte. Je pleure. Quand je vois quelqu’un d’autre souffrir, je souffre…

 

C’est tout à votre honneur ! Vous avez une belle âme !

Je ne sais pas, mais cela me rend malheureuse…

 

En même temps, ce combat vous rend heureuse… Sauver, partager, donner. Redistribuer aussi parce que vous avez beaucoup reçu de la vie…

C’est ça…

 

Pour vous, sauver c’est aimer ?

En fait, je rêve d’un monde idyllique. Un monde où les êtres ne souffrent pas, un monde avec plus de joie… Un monde sans malheurs…

 

Pour finir, on dit que vous êtes pressentie pour incarner dans le biopic consacré à Ingrid Betancourt, le rôle de l’ex-otage des Farc. Est-ce que ce projet de film va bientôt voir le jour ?

Le film sur Ingrid Betancourt est toujours en quête de financement. J’espère qu’il verra le jour prochainement. C’est une femme tellement complexe et intéressante…

 

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