Le printemps des poètes

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Pour le printemps, trois petites notes de poésie…

 

Calligramme

 

 

Plénitude du sentiment

 

Quand de la peine naît le sourire
Quand du soupçon naît le désir
Quand d’un brin de temps subsiste le chamboulement
Quand d’une rose de passé renaît le sentiment

Quand de l’incompris naît le savoir
Quand de l’être naît l’avoir
Quand d’un silence atroce apparait une parole
Quand d’une vision satanique renaît une auréole

Quand de l’attente naît l’étonnement
Quand du rêve naît l’évident
Quand d’une ébauche apparait un dessin
Quand du vieillard renaît l’enfantin

Quand de l’espoir naît la désillusion
Quand de la lassitude naît la pendaison
Quand d’un parfum éclot une foule de sens
Quand d’un frôlement renaît la conscience

Quand de l’étrange naît l’exclus
Quand de la folie naît l’incongru
Quand du hurlement paraît le calme
Quand d’une exclamation renaît une âme

Quand de la vie naît l’essentiel
Il y aura tantôt des chemins de ciel

D.A  BRONJA

 


 

Le cas chaleureux du chacal heureux

 

Il était une fois un éthique chacal
Qui vivait pauvrement aux fins fonds du Niger.
On lui avait vanté les charmes du Népal
Où personne, dit-on, ne connaissait l’enfer.

Il se mit donc en route un de ces jours de mai,
Certain d’y arriver avant la Saint Glin-Glin.
Courageux, résolu, il avait l’air bien gai,
Mais son estomac vide a scellé son destin.

A peine eut-il franchi quelques lieues de savane
Qu’il prit sur son cou maigre un méchant coup de botte,
Doublé en l’occasion d’un trait de sarbacane.
Il s’endormit d’un coup. On le mit dans la hotte…

A son réveil pourtant il n’eut pas à se plaindre :
Tout ce qu’il désirait : là, à portée de main!
Il réalisa même qu’il n’avait rien à craindre,
On lui avait promis de revenir « demain ».

Il ne comprenait rien, ce n’était plus le bagne,
Et l’extérieur changeait de son « trou » habituel.
Il n’était pas très loin d’une haute montagne
Où chacun s’affairait, respectant le rituel…

Oui, c’était bien ici qu’il devait arriver,
Et il appréciait tant la fraîcheur de ces lieux
Qu’il ne pouvait savoir – il avait dû rêver –
Qu’il venait d’arriver tout là-haut dans les cieux.

ERIC-HENRI SABRIT

 


 

Je l’aime

 

Femme
Ma femme
La femme qui me lampe
Me prise
Qui peut d’une main recueillir ma joue
Qui peut d’un cil me dire tout, me dire tu
Me dire ma place, mon lieu futur, perpétuel
Cette femme à moitié moi, à moitié elle
Pour moi jusqu’à l’épuisement de nos séquelles
Jusqu’à nos moelles
Nos querelles élimées
Cette femme Je l’aime
Du plus profond carême
De nos retrouvailles
De nos épousailles
Dans l’étincelle de nos silex
Cette femme Je l’aime
A mes côtés, en elle, hissé, immiscé
Calfeutré, ramassé, soulevé
En elle
Cette femme Je l’aime
La voûte de son corps en toit sur mon corps
La voussure de son dos
L’envers de son corps
Arc entre mes bras
Son voile de peau
Elle
Je me drape
Elle Sa joie
Mon matin
Mon levé du jour
Mon début du monde
Cette femme
Ma femme
Je l’aime

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